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I- La croyance: définition et propriétés

La croyance a pour origine un état mental qui consiste pour l'individu à adhérer malgré l'absence de preuves irréfutables à un ensemble d'assertions diffusées à une période donnée au sein d'une communauté. En somme, elle consiste à reprendre à son compte l'opinion d'autrui et ultérieurement, si nécessaire, conforter cette démarche vis à vis des tiers.

Toutefois, à toute population de croyants s'oppose de facto une population de non croyants et/ou de sans opinion quantifiable par des sondages statistiques. C'est la liberté de penser en tant que propriété neurologique, même en l'absence de liberté d'expression.


Mais faut-il faire confiance aux études statistiques? Elles n'ont de valeur qu'à la fin de la collecte de l'information.  Les calculs de probabilité peuvent être corrects, mais le choix des échantillons orienté dans le sens de la croyance que la publication veut imposer pour en renforcer le caractère scientifique et faire taire les contradicteurs.

Le lecteur pourra se référer à l'étude statistique conduite par une équipe d'universitaires établissant au niveau mondial une corrélation négative entre niveau culturel et inclinaison religieuse à l'adresse http://www.intelligence-humaine.com/religion.html 

Une frange de la population peut instituer en toute connaissance de cause des croyances bien établies sans y adhérer, à l'exemple en Occident de celle du personnage symbolique et fictif du père Noël créé par les adultes pour les enfants.

L'enfance, souvent marquée par l'éducation religieuse obligatoire suivant la tradition familiale, est riche en croyances évoquant le merveilleux imagé. La conscience morale se développe en parallèle avec la lente maturation du système limbique à travers les notions toutes relatives du Bien et du Mal dans les comportements.


L'adolescence est une période propice à l'adhésion à de nouvelles croyances pour compenser le repli sur soi, l'impulsivité aux dépens de la réflexion.
 De ce fait, elle est sujette à toute manipulation mentale l'isolant de son milieu familial. A l'âge adulte, au delà du système social de récompenses, l'empathie prendra le relais de l'égocentrisme.

Les réseaux sociaux à travers Internet insèrent l'individu dans une véritable cellule sociale intimiste, résultant d'un libre choix par opposition à celle imposée de la famille, ouverte aux conflits.Au sein de cette cellule du monde Internet, la dérive sectaire apporte une réponse personnalisée - et discrète -  à chaque type de frustration. Le système de notation des opinions individuelles s'aligne sur celles du groupe face aux contradicteurs à travers le biais cognitif de confirmation.

La secte constitue une famille de substitution. Elle opère auprès d'une jeunesse désorientée par désinformation et séduction en mettant en avant l'amitié, le partage absents d'un monde injuste, imparfait et en se prévalant souvent de missions humanitaires offrant insidieusement l'occasion de diffusion de ses croyances.


L'ancrage d'une croyance s'opère essentiellement à travers l'affectivité, la capacité de réflexion sur le contenu même de la croyance cédant la place à l'émotivité au sens large, d'où l'importance de la forme consolidant le fond à travers des images violentes (victimes de guerre..).

L'affectivité est la faculté d'éprouver des sentiments ou des émotions dans le comportement social ou lors d'une prise de décision. Elle est liée à la structure même du système nerveux, le cortex insulaire mémorisant l'intégration des émotions. Elle conforte les biais cognitifs.

Les techniques de déstabilisation mentale exercées dans un groupement permettent de recruter de nouveaux adhérents en agissant sur leur affectivité.

L'idéologie de la secte dispensée sous l'autorité omnipotente d'un maître à penser remplace, au fil des réunions en groupe et à travers des techniques éprouvées de conditionnement (*), tout le contexte éducatif de la famille d'appartenance et entraîne ipso facto la soumission mentale à un idéal.

Les convictions se forgent rapidement grâce au refus du dialogue au profit de la logique binaire sécurisante /pour ou contre/ et par la condamnation de tout esprit critique: croyant=paradis versus non-croyant=enfer.


Le contenu informatif de la croyance doit être réduit au maximum. Pour faciliter la mémorisation, le message doit être simplificateur, sans développement scientifique mais avec des références réputées dignes de foi (nouvelle découverte sensationnelle par les chercheurs...).

(*) pour consulter l'édition 2015 du site de l'administration française, cliquer sur: 
  dérives sectaires
qui a créé un observatoire en vue d'organiser l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires.

Depuis plusieurs décennies, à titre d'illustration historique, la tradition islamique s'oppose au mode de vie de la culture occidentale (statut social de la femme, régime alimentaire...) et génère ainsi un malaise identitaire dans les milieux issus de l'immigration. La médiatisation des succès obtenus par la terreur armée contre les pays de mécréance est une opportunité pour la radicalisation des jeunes convertis.

 Pour une analyse plus fine, on pourra consulter utilement les ouvrages du politologue Gilles Kepel, spécialiste  français reconnu de l'Islam et du monde arabe contemporain.


Les modes d'acquisition des croyances ont bien évolué: le bouche à oreille a été remplacé par les média à large diffusion, les réseaux sociaux. La publicité omniprésente s'adresse aux détenteurs du pouvoir d'achat - les adultes - en utilisant des montages vidéo sous forme de saynètes, mémorisables plus aisément, par association d'idées, que les anciennes images subliminales, pour faire croire en la suprématie d'une marque de produits (association marque - artiste de renom).

La recherche du sensationnel dans la presse grand public sur les sujets d'actualité scientifique est la règle. L'extrapolation statistique y est fréquente: il y aurait 5 milliards de planètes superhabitables dans la voie lactée! Cela ne présume pas qu'elles sont habitées!

De probabiliste à défaut d'être une découverte avérée, toute nouvelle théorie élaborée par une équipe de chercheurs devient, grâce à la réactivité unanime et à la large diffusion simplificatrice par les médias qui s'en suit, un fait acquis auprès du grand public.

La croyance est avant tout un phénomène social par opposition à la révélation à caractère strictement personnel à travers le rêve ou l'extase. Le sentiment d'appartenance à une communauté importante - indépendamment du niveau culturel - partageant les mêmes croyances facilite en phase initiale l'adhésion (si d'autres y croient, cela doit être vrai). En vérifier personnellement le bien-fondé serait trop complexe, prendrait trop de temps, avec le risque in fine de marginalisation au sein de sa  propre communauté. 

On observera pourtant que les fondateurs des religions ont cessé à un moment donné d'adhérer totalement aux croyances de leur enfance en diffusant, grâce à leurs disciples, une nouvelle croyance.

Ainsi, le contenu des croyances caractérise une civilisation. A l'échelle de plusieurs millénaires, des civilisations disparaissent avec leurs croyances, d'autres naissent...l'histoire ne se répète pas. 

Les découvertes scientifiques ne suppriment  pas le phénomène de croyances, bien au contraire. Elles en invalident certaines, mais là où leur interprétation échappe au grand public, l'imaginaire prend le relais pour en créer de nouvelles.
A la date de cette publication, grâce à la réalité virtuelle mise en oeuvre dans les biotechniques, l'homme augmenté deviendrait immortel.
En revanche,  les récentes explorations de la planète Mars par des robots ont mis à défaut la croyance au sein du grand public de l'invasion de la planète Terre par les Martiens au moyen de soucoupes volantes.
De même, le jardin d'Eden, berceau présumé de l'humanité, est un symbole Biblique dans l'histoire de l'apparition de l'homme sur terre et non un lieu précis suivant les anthropologues. C'est l'aboutissement de recherches en génomique utilisant le séquençage de l'ADNmt, dont l'hérédité cytoplasmique permet de retracer les relations généalogiques entre les individus seulement à partir des gamètes femelles.

La croyance peut parfois être initiée par la rumeur portant sur la diffusion à large échelle d'informations en décalage avec le consensus.


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